HAVANA SEOUL – SeoulSZN

Ambiance faussement tranquille, nonchalance presque inquiétante, atmosphère enfumée et poisseuse en plein été… Bienvenue à College Park (Maryland) et sur « SeoulSZN », le premier EP d’Havana Seoul. Un projet court, mais mené d’une main de maître d’un bout à l’autre. Il y a quelque chose de caniculaire dans ces six titres. Pas de chaleur festive façon G-Funk californienne. La c’est une chaleur étouffante, de celle que l’on subit. Un projet atmosphérique et gratuit qui mérite toute votre attention.

LANZ PIERCE – « Je ne veux pas être la meilleure Mc. Je veux faire de grandes chansons. »

Attention chers amis, séquence émotion : voici la toute première interview de FeMC’z. Et pour ce premier entretien et à l’occasion de la sortie de « Editors Eye », c’est avec Lanz Pierce que j’ai eu l’occasion d’échanger quelques mots. Zoom sur une artiste et une entrepreneuse avec les pieds sur terre et la tête dans les étoiles.

J’ai remarqué un détail amusant : ton projet s’appelle “Editors Eyes” et à coté de ça je constate que tu réalises toutes tes vidéos. Au-delà de l’aspect “promo”, quel rapport as-tu avec l’image ?

Je pense que la musique est avant toutes choses une expérience, un truc que l’on vit entièrement. Ce genre de moment où tu ne peux pas t’empêcher de bouger la tête, tu ressens vraiment la musique. C’est exactement ça que je recherche quand je réalise mes clips. Je veux transcrire en visuel tout ce que la musique évoque à l’auditeur. Pour en revenir plus précisément à mon album « Editors Eye », son titre est directement inspiré par le documentaire réalisé pour le cinquantième anniversaire de Vogue. A cette occasion, Anna Wintour (NDR : directrice de Vogue depuis 1988) avait honoré toutes les réalisatrices les plus célèbres, celles qui avaient donné une voix et une image aux femmes de notre société, à leur vision du monde, à travers un œil élégant, en abordant des sujets aussi divers que leur sexualité ou leur façon de s’habiller. L’autre signification du titre de mon album est un message pour chacun d’entre nous : l’important n’est pas qui tu étais à la naissance, et encore moins ce que tu possèdes, mais bien plus la vision que tu as de ta vie, celle que tu peux construire, scénariser et dont tu es le premier rôle. Et ce même si cela semble être un rêve impossible à première vue.

Il y a une grosse équipe de producteurs et d’ingénieurs sur ce projet. Comment composes-tu avec tous ces gens et quel est ton processus de création ?

Lorsque je commence à travailler une chanson, j’aime être seule. Je m’isole avec un son que j’aime, je l’écoute, je l’apprivoise. Je n’écris pas mes paroles sur papier, elles me viennent en tête, je les mémorise et les mets bout à bout une à une. En ce qui concerne l’enregistrement à proprement parler, c’est toujours en petit comité, uniquement des personnes dont les avis sont précieux, des personnes qui n’hésitent pas à me dire de reposer, écrire à nouveau et recommencer si nécessaire. Le reste de l’équipe n’intervient qu’en post prod, soit pour le mix ou pour les dernières touches sur le morceau.

Ta musique est vraiment ancrée dans l’air du temps en termes de sonorités. J’imagine que tu es très à l’écoute de la tendance. Quels sont tes disques et/ou artistes du moment ?

En effet, je suis toujours attentive à ce qui se passe, à ce qui sort, c’est mon environnement de travail ! Actuellement j’écoute beaucoup le nouvel album de Dr Dre. J’ai toujours été une grande fan de Dre, Eminem, Snoop etc. Mais j’aime aussi les nouvelles têtes comme Vic Mensa, Post Malone, Kehani et Dej Loaf. Et puis bien sûr, j’ai mes incontournables comme J.Cole, Drake, Kendrick, Kanye, Future, Nipsey Hussel, PartyNextdoor etc.

Il y a un vrai travail sur les flows que tu adoptes d’un morceau à l’autre et qui semble parfaitement servir tes lyrics sans donner l’impression d’en rajouter des tonnes. Le fait de savoir (bien) chanter j’imagine que ça doit t’aider à mort dans ton écriture ?

Oui absolument, pour moi c’est un réel plus. Je ne veux pas être la meilleure Mc. Je veux faire de grandes chansons. Celles qui marquent leur temps. Et d’un autre côté je me dis que je ne fais pas fausse route puisque les plus grands noms du Hip-Hop ont toujours intégré le chant dans leurs tracks, à l’image de 2Pac, Biggie ou encore 50 Cent.

Voici le moment où l’on comprend que je vieillis : il fut une époque où le côté “Pop” (au sens strictement musical du terme) était, au pire un gros mot, au mieux pas du tout assumé dans le rap. Les temps changent, les sonorités aussi et je ne parle même pas de l’image de cette musique. Te concernant on a l’impression que c’est quelque chose de parfaitement assimilé et indissociable de ta musique…

Absolument. Dans ma musique, les deux sont liés. Je reste vraie et authentique avec moi-même d’abord et bien sûr avec mes auditeurs et fans ensuite.

Comment toi tu décrirais ta musique ?

Je ne préfère pas lui donner de définition, mais plutôt laisser les gens la découvrir et le vivre par eux-mêmes. Je pourrais te dire tout ce que tu veux, que ma musique rapporte une fraîcheur, un truc inédit, tout cela n’a de sens que si les gens se font leur propre idée en écoutant par eux-mêmes. Tout ce que je veux c’est partager ma vision des choses et faire qu’un maximum de gens s’y reconnaissent.

Sur ta biographie, j’ai lu que tu avais abandonné l’école à 14 ans pour te consacrer à la musique. Quel est le contexte autour de toi à cette époque pour que tu décides aussi jeune de te vouer au rap ?

Il y a eu plusieurs raisons à ce choix. C’était en partie pour des raisons financières. Je voulais aider ma mère, qui a toujours travaillé dur pour nous offrir ce qu’il y avait de meilleur. Et puis j’étais aussi un peu en marge du système scolaire classique, j’avais du mal à rester dans le rang. A l’époque il n’y avait pas tous ces programmes scolaires qui laissent une place plus importante à l’expression artistique et créative des élèves. En résumé, c’était un moule et je ne rentrais vraiment pas dedans. Je n’étais vraiment pas à ma place. D’un autre côté, quitter le système scolaire aussi tôt ne m’a pas apporté que des atouts. J’ai souvent souffert de n’avoir qu’un petit bagage, j’ai toujours dû travailler dix fois plus dur que les autres pour prouver ma valeur. Mais au final, j’ai surtout appris des choses qui n’ont pas de prix. Ces choix ont affûté ma vision du monde, ma capacité à m’en sortir et si je n’avais pas suivi cette route, je n’aurai probablement jamais été signée sur Interscope à 16 ans.

En bon petit blogueur discipliné, j’ai écouté ton premier projet, “Point Of No Return”, qui pour le coup sonne comme un vrai disque de rap pur et dur. Avec “Editors Eyes” j’ai l’impression que tu cherches vraiment à transcender les genres, que tu es dans l’expérimentation…

C’est tout à fait vrai. J’ai beaucoup grandi et appris entre ces deux albums. Je suis fière de donner naissance peu à peu à mon propre style. Je ne supporte vraiment pas ces artistes qui veulent sonner « comme ». Tous les nouveaux rappeurs qui explosent amènent quelque chose de singulier et je respecte ça. C’est ça que je veux que l’on retienne de Lanz Pierce.

Tu as monté ton propre label, Innovators & Aviators. D’où est venue cette envie de te structurer par toi-même ?

Innovators & Aviators est né il y a deux ans, à une époque où mon business partner et moi-même étions fatigués de recevoir des conseils de major labels nous disant ce qu’il fallait faire ou ne pas faire. C’est pour cette raison que nous avons monté notre propre structure, afin de garder le contrôle sur la création, en montant une équipe pluri-disciplinaire. Beatmakers, graphistes, réalisateurs, community managers, nous avons tout en interne. C’est tout cela qui nous apporte une vision professionnelle de ce business. On réalise un disque de A à Z et on contrôle vraiment notre destiné. Et dans un deuxième temps, Innovators & Aviators est aussi là pour aider d’autres créatifs comme nous à réaliser leur art. Au final, nous sommes devenus une structure avec laquelle les gros major labels veulent travailler.

Pour finir, j’ai concept à faire tourner, alors peux-tu me citer tes trois albums de FeMC’z préférés ?

Il y en aurait quatre que j’ai envie de citer : Lauryn Hill « The Miseducations Of Lauryn Hill », Lil’Kim « Hardcore », Missy Elliott « Under Construction » et Nicki Minaj « The Pink Print ».

Un grand merci à François & The Bridge Promotion et à Véro.

English version

AYE YO SMILEY – Call Me Bonita

Voici mon coup de cœur du jour (enfin jusqu’au prochain #CoeurDartichaut). Née de parents péruviens, expatrié à Washington a l’âge de 15 ans, Aye Yo Smiley a sortie aujourd’hui son premier projet, l’EP « Call Me Bonita », une vraie bonne petite surprise, tant la jeune artiste maîtrise son sujet. Ça rappe, ça chante, ça passe du downtempo au boom-bap sans problème. A la rigueur, le seul reproche que l’on pourrait faire à ce premier essai serait au niveau du mix, qui aurait mérité d’être plus musclé, mais je chipote. Bravo et vivement la suite.

DONMONIQUE – Thirst Trap EP

Ne vous arrêtez pas au visuel de ce projet qui a clairement dit au bon gout d’aller se faire foutre. « Thirst Trap EP » mérite franchement son pesant de cacahuètes. Le premier projet DonMonique, originaire de Brooklyn, est d’une richesse insolente, variant les rythmes, mais toujours dans une ambiance sombre. Une vraie belle découverte qui pue le son de New-York en restant résolument moderne.

LANZ PIERCE – You Got It

Quand on m’a envoyé  « Editors Eye », le dernier projet de Lanz Pierce, j’ai dû me rendre à l’évidence : je suis peut-être devenu un vieux con. Je dis peut-être parce que la jeune MC originaire du Queens fait cette musique qui me touche peu, mais qui se situe terriblement dans l’air du temps au sens le plus noble du terme. Un son résolument moderne et planant, très travaillé, qui laisse sous-entendre que la demoiselle sait parfaitement ou elle va et qu’elle est encore en rodage. A découvrir

THE MARV – The Marginal

Souvenez-vous, il y a quelques temps j’avais crié tout mon amour pour The Marv et son taf. Et bien je dois avouer que mon petit cœur sensible se remplit encore de joie avec la sortie de son nouveau projet « The Marginal, Pain and the Beauty ». Un disque plus sombre comme en témoigne « The Marginal » et son clip complètement fou (réalisé par le génial Majiim). Ce sacré petit bon projet est dispo sur la page bandcamp de The Marv et mon petit doigt me dit que l’on risque d’en reparler en long, en large et en travers avec la principale intéressée…

 

 

SPACE AGE – The Theory Of…

Il y a des gens qui savent occupé le terrain. Prenez Little Simz par exemple. Est-ce de l’hyper-activité, la peur de l’ennui, l’abus de café ou de fraise Tagada, ont ne sait pas. Toujours est-il qu’à peine un mois après la sortie de son dernier projet, la demoiselle revient, mais en groupe cette fois-ci avec un EP, court, mais très bien foutu. Mais court. Mais gratuit. Mais court.

BRITTANY NACOLE – Daydream

Brittany Nacole. Note bien ce nom en gros et en gras avec un marqueur indélébile. Parce que cet EP, sobrement appeler « Daydream« , tu vas le squatter un bon moment si tu aimes la Neo Soul. C’est le fromage sur le gratin. Un paquet de Granola de 8 titres, produit par J-Rawls. Et dire que ce n’est que le prélude a un album qui est annoncé pour 2015. Comment te dire que je suis un brin impatient…?